Faire moins, être mieux ... Recevoir, pour donner ...


Très jolis textes ... Faire moins, être mieux ...

J'ajouterai également ... savoir faire une pose ... pour continuer ...


Shinmon Shiatsu

Du bonheur de recevoir (un shiatsu ou autre chose)


Savoir recevoir

Il est surtout  important de recevoir tout court.  Et là, nous sommes tous réticents à nous faire du bien. Le langage est plein d’allusions à ces réticences : s’accorder un moment, se permettre un peu de loisir, s’offrir le luxe de ne rien faire… comme si la norme était de ne rien s’accorder, ne rien se permettre et surtout ne pas vivre luxueusement. D’ailleurs, même le verbe « se détendre » implique que nous soyons normalement tendus. Ajoutons-y la tendance à être tout le temps dans le faire, voire, pour certains dans le dévouement ou même le sacrifice pour d’autres, et voici la vie telle qu’on nous l’a décrite, et telle que nous nous la créons : le faire est l’enfer.

Cette tendance, nous la  retrouvons à tous les niveaux. Ainsi, le nouveau gouvernement belge ne parle que de faire plus avec moins, et plus longtemps, retardant le droit à la pension, déniant les facilités pour lever le pied et se consacrer à autre chose. Puisque tout va mal, il va falloir faire plus et plus longtemps.


Faire moins, être mieux

Prenons le autrement : puisque tout va mal, c’est que nous sommes en train de faire les mauvaises choses, et donc arrêtons et faisons moins, et autrement, pour être mieux.

Ce ne sera un choix de société que si cela devient le choix d’un nombre croissant de personnes. Faire moins pour être mieux, savoir recevoir pour pouvoir donner plus. Prendre soin de soi, ou, comme le dit Jean-Claude Leloup dans son livre sur Philon d’Alexandrie, «prendre soin de l’être», à tous les niveaux, corps, esprit, âme, ou quels que soient les noms que nous donnions à ces différents aspects/niveaux de nous-mêmes, tous étroitement connectés.

Ceux qui viennent recevoir un shiatsu ont déjà fait une partie du chemin, consciemment ou non. Si je demande « pourquoi le shiatsu ? »,  j’entends souvent « c’est lourd, je dois changer de vie, je dois prendre soin de moi, je suis fatigué… » Ou, si l’on vient pour un symptôme particulier, c’est souvent que d’autres méthodes n’ont pas réussi à le soulager. Ou alors, la personne a conscience du fait que quelque chose suscite le symptôme.


Recevoir, pour donner

En cette période de Noël, nous sommes sollicités pour donner, être généreux, solidaires…  Il est certain que cette nécessité existe. Mais je voudrais réfléchir au  couple « donner – recevoir » comme étant indissoluble, deux aspects d’une même chose, indissolublement liés, comme le Yin et le Yang le sont.

Donner et recevoir, dans quel ordre faut-il les prendre ? Donner et recevoir ensuite ? Mais non pas donner pour recevoir, ni donner d’une main et reprendre de l’autre ! On s’aperçoit que ce mécanisme, donner et ensuite recevoir, fonctionne, dans le domaine matériel et immatériel. C’est une question d’ouverture, et de flux à deux directions. Mais l’inverse est tout aussi vrai. Sachez recevoir, et vous pourrez donner. Il n’est pas possible de donner sans avoir reçu, il n’est pas possible de puiser infiniment en soi, dans ses réserves. En termes d’énergie, il n’est pas du tout conseillé d’aller puiser dans ses réserves (Méridien des Reins), il vaut mieux nourrir au quotidien son énergie, par la nourriture et la respiration, et donner ce que l’on a acquis ainsi.


Echanges d’énergie

Savoir recevoir me semble venir en premier, et il n’est ici nullement question d’égoïsme, car il n’est pas question de juger un échange naturel d’énergie à l’œuvre dans l’univers entier. Une seule exception : le Soleil. Le Soleil n’est que don, et toutes les créatures terrestres profitent de ce don, gratuit, infini. Le Soleil n’a pas besoin de la Terre pour exister, ni des autres planètes autour de lui. Il donne sa formidable énergie, et ne reçoit rien. Pas étonnant qu’il ait été déifié au cours des âges, et encore aujourd’hui, les Japonais vénèrent Amaterasu Oomi Kami, la déesse du Soleil, la plus grande divinité.

Mais tous les autres composants de la Terre vivent dans une relation d’échange permanent. Les Bouddhistes parlent d’interdépendance, ajoutant que nous sommes tous faits de la mêmes « matière ». Recevoir et donner sont deux aspects de la relation d’échange, à la base de toute vie sur Terre.